La plongée sous-marine comme thérapie contre le stress intense, ça fonctionne !

Mis à jour : 12 sept. 2019

Nous avons dans notre vie personnelle et professionnelle presque tous été confrontés à un épisode de stress intense, qui nous a comme paralysé ou laissé de profondes séquelles. La plongée sous-marine a été pour beaucoup (et pour moi aussi) a été salvatrice et utilisée comme thérapie:

Flo en méditation aquatique 🤟🏻

Voici deux exemples de stress: liés à des attentats terroristes, et de « pétage de plomb » professionnel:

1/ Les attentats

On se souvient notamment des attentas à Paris le 13 novembre 2015, qui ont laissé des séquelles psychologiques importantes aux victimes survivantes.

Des chercheurs et médecins français ont testé depuis une méthode innovante: la plongée sous-marine! 

Des précédentes études ont démontré que la plongée apaisait les patients.

Le projet Divehope entre autre, a permis d’évaluer parmi une trentaines de personnes victimes de troubles post-traumatique les effets bénéfiques d’un programme plongée, associant immersions et techniques de relaxation subaquatiques. Le projet a été mené en Guadeloupe, permettant de bonnes conditions en terme de sécurité et de climat compatible avec l’état de stress des victimes.

Un premier projet DivStress avait démontré les effets bénéfiques et rémanent de la pratique de la plongée sur l’humeur et le stress des personnes en bonne santé soumises au stress du monde du travail (notre 2ème partie). Cette pratique de la plongée améliorée devrait s’inscrire comme une nouvelle technique de régulation du stress et des émotions menant à l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie.

Ce projet a été mené sous la houlette du Docteur Mathieu Coulange, chef de service de médecine hyperbare de l’hôpital de Marseille, coordonné par Frédéric Bénéton et soutenu par la fondation d’aide aux victimes du terrorisme.

Extrait d’un interview (par Adrien Max, journal 20minutes) du Docteur Coulange: (2017)

Mais d’où vient cette idée que la plongée permettrait de réduire le stress ?

C’est en 2015 que Frédéric Beneton, un polytechnicien travaillant dans la finance, se rend compte que la pratique de la plongée fait baisser son niveau de stress. La plongée lui permettait de reprendre le dessus et de mieux gérer l’imprévu. Il a décidé de quitter son poste dans la finance pour démontrer scientifiquement l’intérêt de la plongée dans le cadre de la gestion du stress.

Pourquoi avoir poursuivi l’expérimentation avec des victimes d’attentats ?

A vrai dire il s’agit à l’origine d’un hasard de calendrier. « Au départ on pensait mener la deuxième expérimentation avec des militaires qui avaient été exposés à un stress très intense. Sauf que fin 2015 les attentats sont survenus, de nombreuses personnes souffraient du syndrome de stress post-traumatique avec une hypervigilance permanente, des problèmes de sommeil, de gestion du stress dans une foule », avance Mathieu Coulange.

Quels sont les résultats de cette nouvelle expérimentation ?

Comme à l’UCPA, Mathieu et ses collègues ont divisé le groupe de volontaires en deux. Un pour la plongée, un autre pour diverses activités de loisirs. « Nous les avons emmenés en Guadeloupe pour deux semaines de tests, c’est le meilleur endroit pour la plongée et nous avons également fait appel à Vincent Meurice, un plongeur spécialiste des techniques de relaxation sur place », explique le médecin. Les résultats définitifs ne seront connus que dans six mois, le temps de mesurer les effets dans le temps, mais les premiers semblent en faveur de la plongée.

Quels pourraient être les applications ?

Ces derniers mois il y a une vraie dynamique entre le sport et la santé. « Prescrire du sport permet de maintenir une bonne santé, et de minimiser l’apparition de pathologie », avance Mathieu Coulange. D’autres étapes sont encore à l’étude, afin de déterminer si la plongée seule, sans relaxation, fonctionne pour les syndromes post-traumatiques. L’application de ces méthodes dans un milieu artificiel reste aussi à déterminer « C’est un axe de développement, surtout pour les villes éloignées du littoral », admet Mathieu Coulange.

Bien entendu ce serait mentir que de dire qu’il y a eu 100 % de réussite, mais pour 70% d’entre eux, les progrès ont été convaincants.

2/ le stress au travail

Nous avons tous entendu parler du Burn-out, un trop plein de boulot et de stress qui « essore », ou du Bore-out, la maladie de l’ennui au travail, mais connaissez vous le Brown-out ?

Le Brown-out est « une baisse de tension et d’attention au travail, une prise de conscience brutale de l’absurdité de son métier qui paralyse », comme le décrit François Baumann, dans son livre: Brown out, quand le travail n’a plus aucun sens (édition Josette Lyon, janvier 2018, 13€)

Les symptômes sont les mêmes que dans le burn-out et bore-out mais  la cause est différente : il s’agit d’une perte de sens, d’une déception, d’une désillusion profonde. 

« Le brown-out chapeaute les deux autres pathologies, c’est plus philosophique, reprend le Dr Baumann. Et les conséquences de cette déclinaison plus récente de la souffrance au travail sont parfois plus graves, car c’est une remise en cause complète de la personne. »

Les risques pour les personnes touchées par cette souffrance aiguë au travail est de tomber dans un état dépressif. Le mot qui revient souvent est « vide » et le -out de ces maladies indiquent littéralement qu’elles nous poussent vers la sortie.

Quels sont les signes reconnaissables?

Lassitude, manque de tonus et de motivation, perte d’intérêt pour son métier et fatigue chronique doivent vous alerter, en particulier quand cela se transforme en crises de larmes, modifications de caractère, vertiges, troubles digestifs, pertes de poids et insomnies, à la fin c’est tout le corps qui souffre !

Ce n’est pas juste un coup de mou ou une fatigue passagère, mais une vrai maladie chronique, un ras le bol radical, qui s’installe petit à petit, puis va se manifester de façon brutale par une absence de réaction.

Cela ne s’arrête pas au travail et s’étend à tous les domaines: loisirs, famille, amis… « à partir d’un manque de reconnaissance, d’une absence de motivation au travail, on se décourage pour tout le reste. Beaucoup de patients vivent d’ailleurs des ruptures familiales sans faire le lien avec leur souffrance au travail. »

Selon des statistiques récentes réalisées par Ipsos (mars 2016), 54% des français  se sentent démotivés et désengagés au travail. Sans compter tous ces « travails alimentaires » dits « bull-shit job», traduit poliment par boulots à la con, qui sont particulièrement propices au Brown-out.

Mais aucune profession n’est à l’abri, en particulier les professions d’aide aux autres, (carrières médicales ou de secours) car la quête de sens est importante, surtout lorsque c’est un métier où l’on s’est lancé par vocation…

Comment se sortir de cet engrenage infernal ?

Plutôt qu’un simple arrêt de travail et se détruire encore plus aux antidépresseurs, qui selon moi ne résout par l’origine du problème (cet avis n’engage que moi, certains médecins essayeront de vous anesthésier avec ces cochonneries sans chercher à vous comprendre vraiment, c’est du vécu), des médecins invitent à s’interroger sur ses désirs, ses attentes dans son métier mais aussi l’organisation du travail.

Cela peut aller d’un changement de poste au sein d’une même entreprise ou même d’une autre entreprise, ou carrément changer de métier, voir pourquoi pas bâtir sa propre entreprise ! Et il n’est jamais trop tard pour le faire !!

Je peux ici vous parler de tout cela car, si j’ai été heureusement épargné par les attentas terroristes, je ne l’ai pas été par le Brown-out !

En effet après plus de 10 ans passés dans la police nationale, je suis passé par une longue période de Brown-out, qui m’a beaucoup marqué, changé beaucoup de choses dans ma vie personnelle, mais avec le recul, je pense qu’il m’a servi à savoir ce que j’attendais vraiment de la vie. La santé au travail n’est pas une histoire de nombres d’heures passées à faire son métier, mais passe par les émotions que le travail vous apporte, entre un équilibre de valeurs et d’attentes dans le milieu dans lequel on évolue.

La plongée sous marine m’a aidé à me sortir de cet engrenage et a été salvateur !!

Après un simple baptême de plongée avec mon meilleur ami à Tahiti (merci à toi Johan pour ton soutient depuis le début !), cela a été le début d’une prise de conscience et d’un nouveau départ. 

Puis entre formations de plongée et déménagements, qui n’a pas été sans embûches loin de là, et la réussite à mon examen d’instructeur de plongée, j’ai finalement quitté mon ancien travail (qui était pour le coup devenu alimentaire) et créé ma propre entreprise Moorea Plongée, pour finalement revenir au point de départ et travailler comme moniteur à Tahiti !

La plongée m’a également permis de voyager par différents pays et de relativiser sur nos conditions de vie, de rencontrer de nouvelles personnes (dont une en particulier qui a changé ma vie: ma compagne actuelle, à qui je dois aujourd’hui beaucoup), des rencontres toujours enrichissantes et instructives, certains sont restés des amis, et de transformer un métier en passion et loisir !

N’ayez pas peur de sortir de votre zone de confort, car si j’ai pu le faire, vous le pouvez aussi ! 

Si vous vous reconnaissez dans cet article, n’ayez pas peur de vous tourner vers vos proches, famille, amis ou conjoint(e), et essayez avec eux la plongée, vous verrez ça fonctionne !!

Florent

13 vues0 commentaire